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Voir aussi le compte-rendu de Caroline Alexander du 13 janvier 2010
Couronnement à Versailles
Le Couronnement de Poppée, tel qu’on a pu le voir il y a un an au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, poursuit sa belle carrière. Le 6 février dernier, il était à l’Opéra du château de Versailles.
Il y a un an, le Théâtre Gérard-Philipe accueillait une nouvelle production du Couronnement de Poppée de Monteverdi, dans une mise en scène de Christophe Rauck et sous la direction de Jérôme Corréas. Soutenu par l’Arcal, ce spectacle a tourné un peu partout en France au cours du premier semestre 2010 et a repris sa carrière dès octobre dernier. Il faisait récemment étape pour trois représentations à Versailles, et on ne dira jamais assez comment ce Couronnement, magnifiquement éclairé par Olivier Audiou, prend toute sa dimension dans les bleus et les ors du théâtre de Gabriel. Comment également il donne la preuve que le théâtre est affaire d’illusion et non de faste. Ou plutôt que le faste, au théâtre, naît de l’illusion. Il suffit à la scénographe Aurélie Thomas de réunir quelques accessoires (une mappemonde, une baignoire, un bateau factice) pour que jaillisse l’enchantement. La précision et la simplicité de la direction d’acteurs, l’élégance des costumes, les couleurs instrumentales des Paladins et les tempos allants choisis par Jérôme Corréas achèvent de faire de ce spectacle un modèle de légèreté et de sensibilité. Mais nous sommes au théâtre lyrique, et les voix évidemment sont pour beaucoup dans une pareille réussite. Il ne s’agit pas ici de juxtaposer des chanteurs venus de différents horizons, mais de réunir un ensemble de voix et de tempéraments destinés à former une véritable troupe, laquelle est appelée à polir sa cohérence au fil des représentations. On a donc retrouvé la Poppée délicate de Valérie Gabail, le Sénèque hiératique de Vincent Pavesi, la Nourrice pleine de drôlerie de Jean-François Lombard, ou encore les voix lumineuses de Dorothée Lorthiois et Hadhoum Tunc, qui chantent chacune plusieurs rôles, pour ne citer que quelques interprètes. On accordera une mention particulière à Françoise Masset, splendide tragédienne dans le rôle d’Octavie, l’épouse répudiée dont le chant n’est que noblesse, et on se permettra une légère réserve quant à Maryseult Wieczorek et Paulin Bündgen, dont on aurait attendu successivement un Néron plus mordant et un Othon un peu moins pâle. On l’a compris, cet opéra est aussi une apothéose de l’artifice et du travestissement (des voix, des personnages). Il est d’autant plus remarquable que, suivant là le précepte de Rameau qui affirmait qu’il faut « cacher l’art par l’art même », ce Couronnement laisse une impression de parfaite fluidité.
Monteverdi, Le Couronnement de Poppée. Avec Valérie Gabail (Poppée), Maryseult Wieczorek (Néron), Françoise Masset (La Fortune, Octavie), Jean-François Lombard (Arnalta, La Nourrice), Vincent Pavesi (Sénèque), Paulin Bündgen (Othon, Premier familier de Sénèque), Dorothée Lorthiois (Drusilla, La Vertu), Romain Champion (Lucain, Deuxième soldat, Deuxième familier de Sénèque), Hadhoum Tunc (Amour, Demoiselle), Charlotte Plasse (Le Valet), Matthieu Chapuis (Liberto, Premier soldat), Virgile Ancely (Troisième familier de Sénèque, un licteur). Orchestre Les Paladins, dir. Jérôme Corréas. Mise en scène : Christophe Rauck. Scénographie : Aurélie Thomas. Costumes : Marion Legrand et Coralie Sanvoisin. Lumières : Olivier Oudiou.
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Le mardi 8 février 2011
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