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Le désir de rupture
Alors que son ménage va bien et que les enfants semblent consolider le couple, une épouse est prête à quitter le domicile conjugal. Elle parle dans la salle à manger, juste avant la fête qui va célébrer son anniversaire. La table est mise, il ne manque que le mari et les deux enfants. Si le vrai cadeau d’anniversaire, c’était la fuite, la solitude ? « Je t’ai aimé parce que je n’avais pas d’imagination », dit cette Catherine à un mari absent, dont elle sait qu’il la trompe, alors qu’elle n’a jamais connu que lui. Partira ? Partira pas ? Sa valise est à côté. Juste quelques vêtements à y enfourner, et elle peut goûter à une nouvelle liberté, celle des enfants qui, comme elle, en son jeune âge, ne se laissaient pas faire et prenaient la première part du gâteau.
Par quel « détail des choses » une femme décide-t-elle de quitter son mari ? Gérald Aubert, auteur discret mais dont les œuvres ont déjà été jouées par des acteurs de la notoriété de Michaël Lonsdale, Jacques Gamblin ou Valérie Mairesse, reprend à sa manière le sujet que Villiers de L’Isle-Adam, (La Révolte) ou Patrice Chéreau (dans son film Gabrielle) avaient traité. Avec moins de violence, plus de mezza voce. Le « détail » est, ici, très quotidien. La mise en scène de Ladislas Chollat instaure une simplicité hantée. Catherine Cyler, dans la robe rouge trop élégante des cérémonies familiales (large décolleté, broche dorée), est une interprète étonnante. Elle sait être à la fois maladroite et royale, brisée et souriante, banale et bouleversante, jamais théâtrale. C’est ce qu’on aime d’accord, dans ce spectacle, la rencontre avec cette comédienne. Mais, loin des bruits et des fureurs, le texte d’Aubert et la mise en scène de Chollat ont ces délicates variations qui nous touchent au plus profond.
Le Détail des choses de Gérald Aubert, mise en scène de Ladislas Chollat, lumières de Anne Coudret, décor de Jean-François Servigne, image de Léo Berthet-Rivière, avec Catherine Cyler. Avignon, Petit chien, 17h30. durée : 1 h 30. Tél. : 04 90 85 89 49.
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A la UNE : JACQUES WEBER joue dans Le Prix Martin, une pièce de Labiche, mise en scène par Peter Stein. Avec Laurent Stocker et Jean-Damien Barbin. Le dossier : LE THÉÂTRE EN PLEINE FORME(S) explore les nouvelles formes théâtrales. Et l’Édito de Gilles Costaz et le GRAIN DE SEL de Jaques Nerson
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Le jeudi 19 juillet 2012
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