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Une rêverie nocturne et pénétrante
Cette nouvelle version de l’une de pièces majeures de Tchekhov s’ouvre sur le suicide de Treplev, qui chronologiquement n’intervient qu’à la fin du quatrième acte. Une manière symbolique de donner le ton d’une représentation qui décevra les amateurs de samovars, en attente des clichés et de l’exotisme liés à l’imagerie conventionnelle tchekhovienne. Une impression confirmée par le décor composé au sol de fine grave noire dans lequel s’enfonce un vaste panneau abstrait d’une grande finesse plastique (Riccardo Hernandez), figurant une coque de bateau enlisé dans un port . Là où notamment rodent les mouettes. Elles entrent en scène sous les beaux masques de Erhard Stiefel, portés par l’ensemble des comédiens tous vêtus de noir et entrainés comme dans un vol par une chorégraphie de Damien Jalet.
Ainsi introduite, la réalisation de Arthur Nauzyciel, auteur l’an dernier d’un remarquable Jan Karski (mon nom est une fiction), s’engage avec liberté dans une mise en perspective d’un passé associant les vivants aux morts et aux fantômes, réunis dans une navigation entre deux rivages. Elle se dessine surtout à travers les relations entre Arkadina, actrice célèbre et pleine de certitudes, flanquée de son amant Trigorine, écrivain reconnu, avec la jeune Nina qui rêve de théâtre et est aimée par Treplev, fils d’Arkadina, mystique de l’écriture et de la scène pour laquelle il aspire à créer “ des formes nouvelles”.
Dans le parti pris par la mise en scène et l’adaptation, qui s’appuie sur la traduction de André Markowicz et Françoise Morvan de la version originale de la pièce (1895), les problématiques liées aux questionnements de l’art et au statut de l’artiste se rejoignent dans l’éclairage d’un conflit de générations, entre des personnages tiraillés par leurs désirs, leur besoin d’amour ou leurs désillusions. Tous en quête d’une hypothétique consolation. Loin du naturalisme, côtoyant une forme d’abstraction dans une esthétique forte évocatrice d’un climat intérieur, la parole traduite dans une diction étudiée s’exprime aussi dans la relation des corps à l’espace sous les lumières de Scott Zielinski. Au rythme d’un lent écoulement de la vie au théâtre, que Tchekhov jugeait « aussi simple et compliqué que le mouvement des émotions dans la réalité »
Sous cette forme et dans sa durée (4h 15) la représentation n’échappe pas à quelques longueurs et excès de stylisation, parfois répétitifs ou redondants. Mais elle efface aussi le plus souvent une part de la légèreté ironique portée par l’auteur dans cette pièce qu’il qualifiait de comédie, sous une noirceur mélancolique portée avec unité et générosité par une interprétation emmenée par Dominique Reymond (lumineuse Arkadina), Marie-Sophie Ferdane (Nina), Xavier Gallais (Treplev), Laurent Poitrenaux (Trigorine) et leurs partenaires.
Que ce spectacle, qui clôture avec ambition cette 66e édition du festival d’Avignon, divise, provoque enthousiasme ou contestation, suivant la perception que chacun en peut avoir, n’est pas un problème. La recherche d’un consensus, n’est pas la vocation première du théâtre. Il doit interpeller, provoquer, soulever des interrogations et ouvrir une réflexion. C’est ici le cas… comme le souhaitait un certain Anton Pavlovitch Tchekhov.
@ Christophe Raynaud de Lage
La Mouette de Anton Tchekhov, traduction André Markowicz et Françoise Morvan (Actes Sud), adaptation et mise en scène Arthur Nauzyciel, avec Marie-Sophie Ferdane, Xavier Gallais, Vincent Garanger, Benoit Giros, Adèle Haenel,Mounir Margoum, Laurent Poitrenaux, Dominique Raymond, Emmanuel Salinger, Catherine Vuillez. Décor Riccardo Hernandez, lumière Scott Zielinski, costumes José Lévy, son Xavier Jacquot, masques Erhard Stiefel, musique Winter Family et Matt Elliot, chorégraphie Damien Jalet. Durée 4 heures 15 avec entracte. En tournée de septembre 2012 à avril 2013 : CDN Orléans/Loiret/ Centre, CDN Bordeaux Aquitaine, Comédie de Clermont-Ferrand, Le Parvis – Tarbes, Le Phénix Valenciennes, Le Préau – Vire, CDN – Comédie de Reims, Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Théâtre national de Nice, CDBB –Théâtre de Lorient, Maison des Arts de Créteil.
Affichez votre spectacle, votre structure, votre événement sur Webthea.com. En participant à ce programme, vous afficherez également votre soutien à un site de presse en ligne indépendant et original consacré à l’actualité du spectacle vivant.
Une écriture au scalpel. Une tragédie moderne sur fond rock au cœur des dévastations d’une relation mère/fille. Festival Avignon Off, Espace ALYA, 8 au 31 juillet, 15h30, Réservation : 04 90 27 38 23
Une comédie noire...Un suspense étonnant sur le couple à la recherche de la vérité. Gilles est victime d’un mystérieux accident. Amnésique, il revient chez lui auprès de Lisa, sa femme depuis 10 ans... De Eric-Emmanuel SCHMITT Du 8 au 31 juillet 2013 à 20h00 à l’Espace Roseau.
Outil de référence, l’Annuaire du spectacle vivant 2013 recense près de 30 000 contacts (lieux et intervenants) constituant le tissu professionnel du spectacle vivant : structures de création, de production et de diffusion, centres de ressources, organismes professionnels, équipes administratives... Commandez-le dès maintenant !
Le dimanche 29 juillet 2012
Une écriture au scalpel. Une tragédie moderne sur fond rock au cœur des dévastations d’une relation mère/fille. Festival Avignon Off, Espace ALYA, 8 au 31 juillet, 15h30, Réservation : 04 90 27 38 23
Texte dédié à Roberto Platé, Mise en scène Roberto Platé, Jeu Claire Ruppli, Lumière Jacques Rouveyrollis,
Musique Ruben de Leon. Du mercredi au samedi 21h30 -
Th. Petit Hébertot.
"A l’Uruguay, le pays où j’ai passé les années capitales de ma vie, l’humble hommage de ce livre que j’ai écrit en français et certainement pensé en Uruguayen" Copi "
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Une comédie noire...Un suspense étonnant sur le couple à la recherche de la vérité. Gilles est victime d’un mystérieux accident. Amnésique, il revient chez lui auprès de Lisa, sa femme depuis 10 ans... De Eric-Emmanuel SCHMITT Du 8 au 31 juillet 2013 à 20h00 à l’Espace Roseau.
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